Autour de la rue Watt


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Nous allâmes rue Watt.
Hautement pittoresque et basse de plafond, elle se prête admirablement aux aggressions de toutes natures, et plus particulièrement nocturnes. Sur la moitié de sa longueur, à partir de la rue Chevaleret, elle est couverte par les nombreuses voies ferrées de la ligne d'Orléans, auxquelles s'ajoutent celles de la gare aux marchandises. C'est sinistre, surtout entre chien et loup, un jour de novembre. On y éprouve une désagréable sensation d'étouffement, d'écrasement. De loin en loin, dans la perspective des maigres piliers de fonte soutenant la voie, la lueur courte d'un bec de gaz fait briller les rigoles des infiltrations suspectes qui sillonnent les parois de cet étrange couloir humide. Nous nous engageâmes sur le trottoir surélevé, bordé d'un garde-fou, qui domine la chaussée de plus d'un mètre. Au-dessus de nos têtes, un train passa dans un barouf d'enfer, faisant tout trembler sur son passage.
Je ne trouvai rien rue Watt.



Rue Watt (1)
Planche 32, case 6 : Bélita et Burma vont rue Watt, voir les lieux de l'assassinat de Lenantais. L'entrée de la rue Watt est encore à peu près intacte. En arrière plan, hélas, on aperçoit les grues à l'oeuvre. Les travaux sont partout, dans le quartier...


Rue Watt (2)
Planche 33, case 1 : le trottoir surélevé cité par Malet. Le trottoir est désormais inaccessible : un partie du plafond a été abaissée, et on ne peut plus être debout sur ce trottoir désormais trop haut.


Rue Watt (3)
Planche 33, case 3 : Bélita et Burma fichent le camp. Le pont où passait les voies SNCF est à moitié démoli. Mais le reste de la rue devrait être préservé.


Rue Watt (4)
Planche 57, case 6 : l'assassinat de Lenantais. Le pont métallique est dans un bien triste état...


A l'entrée de la rue Watt
Planche 52, case 3 : Burma est à la recherche de Bélita. Le mignon carrefour a peu changé. A droite, le théâtre du Lierre.


Rue Cantagrel
Planche 52, case 5 : Burma visite le refuge de l'Armée du Salut. Rien de changé : l'Armée du Salut est, hélas, toujours aussi nécessaire. Le bâtiment, de 1934, est signé Le Corbusier.



Histoire de Paris : la rue Watt
Ainsi parlait Boris Vian dans Cantilènes en gelée (Raymond Queneau l'avait traîné là une nuit) :
"C'est une rue déserte
Qui remonte aux deux bouts
Des chats décolorés
Filent en prise directe
Sans jamais s'arrêter
Parce qu'il y pleut jamais
Le jour c'est moins joli.
"